1. Chapitre 11 ; "Epitaphes" de Colette

1. Chapitre 11 ;   "Epitaphes" de Colette

-Qu'est-ce qu'il était quand il était vivant Astoniphronque Bonscop?

Mon frère renvera la tête , noua ses mains autour de son , et vligna des yeux pour détailler , dans un lointain inaccessible à la grossière vue humaine les traits oubliés d'Astoniprhonque Bonscop.

-Il était tambour de ville.Mais , dans sa maison, il rempaillait les chaises.C'était un gros type...peuh...pas bien intéressant.Il bubait et il battait sa femme.

-Alors pourquoi lui as-tu mis "bon père, bon époux" sur son épitaphe?

-Parce-que ça se met quand les gens sont mariés.

-Qui est-ce qui est encore mort depuis hier?

-Mme Egrémimy Pulitien.

-Qui c'était , Mme Egrémimy?...

Egrémimy avec un y à la fin.Une dame comme ça, toujours en noir.Elle portait des gants de fil...

Et mon frère se tue, en sifflant entre ses dents agacées par l'idée des gants de fil frottant sur le bout des ongles.
Il avait trzie ans , et moi sept.Il ressemblait , les cheveux noirs taillés à la malcontente et les yeux d'un bleu pâle , à un jeune modèle italien.Il était d'une douceur extrême et totalement irréductible.

-A propos, reprit-il , tiens-toi prête demain, à dix heures.il y a un service.

-Un service?

-Un service pour le repos de l'âme de Lugustu Trutrumèque.

-Le père ou le fils?

-Le père.

-A dix heures, je ne peux pas, je suis à l'école.

Laisse-moi seul, il faut que je pense à l'épitaphe de Mme Egrémimy Pulitien.
Malgrès cet avertissement qui sonnait comme un ordre, je suivis mon frère au grenier.
Sur un tréteau , il coupait et collait des feuilles de carton blanc en forme de dalles plates, de stèles arrondies par le haut, de mausolée rectangulaires peignait à l'encre de Chine des épitaphes, brêvés ou longues, qui perpétuaient en pur style "marbrier", les regrets de vivants et les vertus d'un gisant supposé.
"Ici repose Astoniphronque Bonscop, décédé le 22 juin 1884 , à l'âge de cinquant-sept ans.Bon père, bon époux, le ciel l'attendais, la terre le regrette.Passant , priez pour lui!"
Ces quelques lignes barraient de noir une jolie pierre tombale en forme de porte romane, avec celui qui assure l'équilibre des cadres-chebalet, l'inclinait gracieusement en arrière

-C'est un peu sec, dit mon frère.Mais un tambour de vile... Je me rattraperais Mme Egrémimy.

Il consentit à me lire une esquisse;
- "O! Toi le modèle des épouses chrétiennes! Tu meurs à dix huit ans, quatre fois mère! Ils ne t'ont pas retenue, les fémissements de tes enfants en pleurs! Ton commercle périclite, ton mari cherche en vain l'oublie!..." J'en suis là.

-Ca commence bien.Elle avait quatre enfants, à dix-huit ans?

-Puisque je te le dis.

-et son commerce périclique? Qu'est-ce que c'est, un commerce périclique?

Mon frère haussa les épaules.

-Tu ne peux pas comprendre, tu n'as que septs ans.Mets la colle forte au bain-marie.Et prépare-moi deux petites couronnes de perles bleues, pour la tombe des jumeaux Azioume , qui sont nées et morts le même jour.

-Oh!...Ils étaient gentils?

-Très gentils, dit mon frère?Deux farçons blonds, tout pareils.Je leur fais un truc nouveau, deux colonnes tronqués en rouleaux de carton, j'imite le marbre dessus, et j'y enfile les couronnes de perles.Ah! Ma vieille...

Il siffla d'admiration et travailla sans parler.Autour de lui, le grenier se fleurissait de petites tombes blanches, un cimetière pour grandes poupées.Sa manie ne comportait aucune parodie irrévérencieuse, aucun faste macabre.Il n'avait jamais noué sous son menton les cordons d'un tablier de cuisine , pour simuler le chasuble, en chantant Dies irae. Mais il aimait les champs de repos comme d'autres chérissent les jardins à la française, les pièces d'eau ou les potagers.Il partait de son pas léger, et visitait, à quinze kilomètres à la ronde, tous les cimetières villageois, qu'il me racontait en explorateur?

-A scamps, ma vieille, c'est chic, il y a un notaire, enterré dans une chapelle grande comme la cabane du jardinier, avec une porte vitrée, par terre et une chaise en tapisserie.

-Une chaise! Pour qui?

-Pour le mort, je pense, quand il revient la nuit.

Il avait conservé, de la très petite enfants, cette abérration douce, cette paisible sauvagerie qui garde l'enfant tout jeune contre la peur de la mort et du sang.A treize ans, il ne faisait pas beaucoup de différent entre un vivant et un mort.Pendant que mes jeux suscitaient devant moi transparents et visibles, des personnages immaginés que je saluais, à qui je demandais des nouvelles de leurs proches, mon frère , inventant des morts, les traitait en toute cordialité, et les parais de son mieux, l'un coiffé d'une croix à branches de rayons, l'autre couché sous une ogie gothique, et celui-là couvert de la seule épitaphe qui louait sa vie terrestre...
Un jour vint où le plancher râpeux du grenier ne suffit plus.Mon frère voulut pour honorer ses blanches tombes, la terre molle et odorante, le gazon véridique, le lierre, le cyprès... Dans le fond du jardin, derrière le bosquet de thuyas, il emménagea ses défunts aux noms sonores, dont la foule débordait la pelouse, semée de têtes de soucis et de petites couronnes de perles.Le diligent fossoyeur clignait son oeil d'artiste.

-Comme ça fait bien!

Au bout d'une semaine, ma mère passa par là, s'arrêta , saisie, regarda de tous ses yeux - un binocle , un face à main, des lunettes pour le lointain - cria d'horreur, en violant du pied toutes les sépultures...

-Cet enfant finira dans un cabanon! C'est du délire, c'est du sadisme, c'est du vampirisme, c'est du sacrilège, c'est...Je ne sais même pas ce que c'est...!

Elle contemplait le coupable, par-dessus l'abîme qui sépare une grande personne d'un enfant.Elle cueillit , d'un rateau irrité, dalles, couronnes et colonnes tronquées.
Mon frère souffrit sans protestation qu'on traînât son oeuvre aux gémonies, et , devant la pelouse nue, devant la haie de thuyas qui versait son ombre à la terre fraîchement remuée , il me prit à témoin, avec une mélancolie de poète:

-Crois tu que c'est tristes un jardin sans tombeaux?

# Posté le samedi 26 août 2006 07:48

2. Esperanzah 2006'.

2. Esperanzah 2006'.
Daniel


bless brother ;) .même si quand tu t'drogues trop tu t'viens bizzare. je t'aime bien quand tu sens le JAH après la ganjah. parce-que j'aime parler du Rois Salomon avec toi.


Good vibes.

# Posté le lundi 28 août 2006 09:19

Modifié le mercredi 30 août 2006 07:01

3. Esperanzah 2006'.

3. Esperanzah 2006'.
Céleste & moi



Voisine , voyou, poncho, - jetaime.



merci pour ces moments.Parce-qu'esperanzah nous rapproche.jetaime.

# Posté le lundi 28 août 2006 09:23

4. Esperanzah 2006'.

4. Esperanzah 2006'.
Céleste - Lola - Lorette.


jaimemaphoto.
- Vous êtes belle.

# Posté le lundi 28 août 2006 09:27

5. Esperanzah 2006'.

5. Esperanzah 2006'.
Louise


Petite merveille! Nous deux, enfermée dans la douche avec un inconnu!
Nous deux qui cherchons de l'eau pieds nu dans esperanzah, avec un
petit con de dreadeux qui f'sait blindé chieeer.Louise & son parapluie
contre le soleil.Louise, la belle Louise.jecroisquejelaimecettemerveille!

# Posté le lundi 28 août 2006 09:33